Le Festival dédié à la question des droits humains et de la liberté d’expression a débuté aujourd’hui à la MACO. Ce sigle qui fait penser au nom d’un musée d’art contemporain désigne en fait la maison d’arrêt de Ouaga.

A 15 heures quelques détenus jouent au football dans la cour, enfin je crois que ce sont des détenus. Moi qui m’attendait à un passage compliqué, l’entrée dans ce lieu c’est faite de manière très simple finalement, assez étonnant même… Au milieu de la cour, un petit château d’eau. Au fond, un bâtiment qui semble minuscule où s’aligne les fenêtres grillagées. 15 à 16 détenus par cellule de 9m2. Au fond de la cour, sur la gauche, l’équipe d’organisation installe la toile blanche qui servira d’écran sur la structure métallique. Dans le foyer ou sera projeté le film, les hommes déjà installés, attendent. Au plafond les décorations de noël se balancent au rythme du ventilateur. Impression étrange… si l’on déplaçait ce même public dans un endroit tout autre, qui saurait que ces hommes sont les détenus de la MACO ? On pourrait tout aussi bien se trouver dans n’importe quelle salle des fêtes de n’importe quel pays. Puis les femmes arrivent, moins nombreuses, certaines semblent avoir 15 ans à peine, l’une d’elle porte un enfant dans son dos. Enfin ce sont les mineures qui arrivent, de jeunes ados qui sont là pour vol d’argent, de portable ou autre délit. Chacun des deux groupes s’installent dans « la salle de l’amitié ». Après une brève introduction, le film commence, un film burkinabé qui retrace l’histoire d’une femme nommée directrice générale d’une société. Comment une femme qui se retrouve à un poste à responsabilité doit faire face à la corruption, doit faire face à l’hypocrisie, doit faire face à son mari… Bref un sujet bien ancré dans le contexte actuel, quoique peu réaliste par moment et qui ne m’a pas vraiment transcendée… mais bon… Bientôt 18h, pas le temps de projeter le second film qui devait pourtant être très intéressant, un documentaire sur un groupe de prisonniers en Afrique du Sud qui a monté un orchestre au sein même de la prison. 27 mn, c’est le temps du documentaire de remplacement, histoire de luttes au Burkina, lutte des employés de l’usine textile de Koudougou qui a fermé ses portes quelques années après avoir été privatisée, lutte des étudiants de l’université de Ouaga face à l’augmentation des droits de scolarité et au projet d’une Police Spéciale des Universités.
18h, c'est l'heure de ramasser, les prisonniers doivent regagner leurs quartiers… Une expérience étrange, étonnante et pleine d’enrichissement… Un Festival qui commence bien.
18h, c'est l'heure de ramasser, les prisonniers doivent regagner leurs quartiers… Une expérience étrange, étonnante et pleine d’enrichissement… Un Festival qui commence bien.
2 commentaires:
Chère Anne,
Etrange expérience en effet, et sûrement enrichissante. Tu n'as pas pu échanger avec les détenus par la suite ? Tu ne choisis pas les films que tu diffuses ? Comment s'est passé le festival : quel public ? quels retours ?
Plein de bisous ! et bonnes vacances.
Fanny
ps : le MACO, c'est aussi le Musée des Arts du Cognac...
Ah c'est bien ça, le nom me disait quelque chose. Pour les films, non c'est l'association qui organise le Festival qui a fait la programmation. Bon pour l'échange avec les détenus... ils étaient assez encadrés par le personnel de la prison mais ils ont pu poser quelques questions après la projection du film. Et sinon pour le reste du Festival, le public burkinabé était très présent, il faut dire que chaque film était suivi d'un débat et que les burkinabés adorent les débats... Bref un bon bilan.
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