jeudi 8 mai 2008

Crise alimentaire?

On dit souvent ici que le président sénégalais, Abdoulaye Wade, élu en 2000 et réélu en 2007, est le grand frère de notre cher président Sarkozy. Ce sont tous les deux des libéraux, ils sont tous les deux mariés à une femme étrangère (Sarko à une italienne, Wade à une française d’où sa double nationalité qu’il n’a pas dû avoir trop de mal à obtenir lui…), et ils ont tous les deux cette maladie de l’effet d’annonce au quotidien qu’il rétorque deux jours après (quoique notre président se soit peut-être un peu calmé sur ça)… La différence majeure serait leur âge, Sarkozy incarnant cette soi disante nouvelle génération d’hommes politiques alors que Wade est plutôt sur sa fin après avoir été de tous les combats politiques depuis Senghor. Ceci pour en revenir sur les nombreux effets d’annonce de Wade en ce moment concernant la « crise alimentaire mondiale ». Le dernier plan du président sénégalais est le GOANA, la Grande Offensive pour l’Agriculture et la Nourriture et l’Abondance... des mots selon certains sénégalais. En tout cas, on a bien l’impression qu’il faut que les prix des céréales soit élevé et que l’on sente que ça peut chauffer dans les villes (et donc pour les élections à venir…) pour que l’on se rende compte qu’il est essentiel pour un pays d’assurer son autosuffisance alimentaire. Le Sénégal est un cas assez particulier en Afrique de l’Ouest car très dépendant des importations de riz. Cette céréale a été introduite massivement dans le régime alimentaire des sénégalais lors de la colonisation. Afin d’augmenter les surfaces cultivées en arachide, (et en réduisant ainsi les surfaces de mil), les colons français ont importer des brisures de riz (les « déchets » du traitement du riz, ce que ne mangent pas les occidentaux) afin de nourrir la force de travail dans le bassin arachidier. Les revenus monétaires obtenus par la vente de l’arachide permettaient alors aux paysans d’acheter des brisures. Quand on me dit que le « thieboudien » est le plat national au Sénégal, c’est surtout le plat du colon français. Bref, la consommation de riz a beaucoup augmenté au Sénégal pour atteindre aujourd’hui environ 75 kg par personne et par an (en moyenne 200 grammes par jour). Ainsi la consommation du Sénégal s’élève à 1 000 000 de tonnes par an et le pays ne produit que 20% de cette quantité. La principale zone de production du riz est le bassin du fleuve Sénégal où des aménagements d’irrigation ont été réalisée à partir des années 70. Le contexte mondiale actuel des prix élevés est donc particulièrement handicapant pour le Sénégal notamment pour les consommateurs urbains. Les populations rurales peuvent vivre une partie de l’année avec leurs récoltes et il existe tout de même certains réseaux de solidarité en milieu rural qui limitent le risque de famine. Lors de discussions avec les paysans sur les « émeutes de la faim » et les possibles pénuries de riz au Sénégal pendant la période de soudure (juillet, août, septembre), les paysans ne semblent pas inquiets pourtant certains ne consomment déjà plus le riz qu’ils ont produit et sont donc dépendants du prix du riz sur le marché. Concernant les stocks en riz au Sénégal, les informations sont variables : Wade annonce quatre mois de stock alors que certains spécialistes annoncent deux mois ce qui n’est pas la même chose tout de même (160 000 T de différence) sachant que certains pays asiatiques (principales fournisseurs du Sénégal) stoppent leurs exportations de riz.
Même si la famine ne semble pas inquiéter les gens, je me demande si la pénurie ne pourrait pas surprendre les gens qui n’ont pas de stock. Il est bien possible aussi que ça continue de chauffer dans les villes si les prix du riz augmentent encore. Mais bon ici à Ndioum (10 000 habitants), il est difficile de s’en rendre compte et les informations que j’ai sont surtout celles des médias sénégalais et français sur le climat sociale en ville.

3 commentaires:

Unknown a dit…

et ben...
Qu'est ce qu'on va devenir dans tout ça... Ca donne à réfléchir en tout cas... C'est vrai que d'ici, on n'a pas forcement les mêmes infos, et ne sait pas vraiment ce qui se passe... Crise de la production ? Crise du système financier mondial ? (sans vouloir tout amalgamer...)
Ca fait quand même se poser de grosses questions...
J'éspère qu'on pourra débattre de tout ca à ton retour mon ami, et réfléchir à comment on peut changer le monde... ! Allez, y croire, c'est déjà un grand pas!
La bise à vous deux ;-)
PS : il est vraiment chouette ce blog!

Fabien Valorge a dit…

merci pierrot pour ton article!

C'est vrai qu'il est chouette ce blog...

Anne et Pierre a dit…

Yo man,
le ppt de berthelot est pas mal aussi...
et ton stage à la fn cuma?