
18h, c'est l'heure de ramasser, les prisonniers doivent regagner leurs quartiers… Une expérience étrange, étonnante et pleine d’enrichissement… Un Festival qui commence bien.

3 chambres, 1 salon, 1 douche sans eau courante pour le moment... J'attends un thésard brésilien qui devrait arriver en juillet avec qui je serai en colloque.
Il fait encore trop chaud à l'intérieur pour dormir sans ventilo. Les pluies tardent un peu à venir cette année.
Pas d'arbres dans la cour mais une belle antenne parabolique

La grande avenue qui court vers la Nouvelle Présidence de Ouaga 2000 rayonne de jour comme de nuit. Dès la tombée du jour les lampadaires déchargent leur faisceau lumineux protégeant Blaise d’une rébellion éventuelle. Ce matin les feux qui encadrent la grand mappe monde ne disaient plus ni vert, ni rouge, ni orange, laissant chaque conducteur interpréter la circulation comme bon lui semble, c’était pareil hier après-midi… mais cette année il fait vraiment chaud, les climatiseurs des PDG des grandes ONG mondiales tournent à bloc, les bureaux des ministres sont plus froid qu’un frigo qui fonctionne.

Dans la cour des deux nassaras un parterre de gazon entoure le manguier… c’est tout de même jolie du gazon, et puis c’est frais, ça rappelle l’Irlande. Mais pourquoi vous n’arroser pas la pelouse ? Le gazon a grise mine, Osias Léonce, Khady, Sylvie, Ape, Steeven et Ulrich ont escaladé le manguier jour après jour jusqu’à décrocher la toute dernière mangue, et partie de foot, d’élastique, le gazon semble avoir abdiqué.
Dans le six mètres, une fille passe poussant une grande barrique remplie d’eau sur une charrette. Dans le jardin des nassaras, le robinet ne demande qu’à laisser son eau se déverser sur le gazon… Et puis mince, la saison des pluies c’est pour presque maintenant non ? Alors le gazon attendra bien quelques jours avant de reverdir.
Et si on décidait de donner quelques heures de congés aux 10 000 lampadaires qui court dans l’Avenue de la Nouvelle Présidence de Ouaga 2000, de couper pour un instant les climatiseurs des PDG des ONG, alors on installerait un écran immense sur la mappe monde géante, on déplierait les nattes, et pour une nuit entière on verrait défiler Ousmane Sembène, Djibril Diop Mambéty, Gaston Kaboré, Abderahmane Sissako et on entendrait parler bambara, wolof, peul...